Voici l’histoire que vous vous racontez

Bienvenue sur cette page neutre !

Les formes et les couleurs vous attendent dans les galeries auxquelles vous pouvez accéder par le menu.

Je ne vais pas vous dire qui je suis ni, ce que je fais, vous ne me ne croirez jamais ! Je vais plutôt vous présenter celui que je vois dans les yeux des visiteurs de mes expositions et, vous raconter l’histoire qu’ils s’inventent, pendant que leurs yeux étudient mes œuvres pour tenter d’en deviner le support et la technique.

C’est parti !

Aussi peintre que voyageur, je parcours les montagnes du monde entier avec mon carnet de croquis pour dessiner les plus belles fleurs de la planète.

De retour dans ma cabane en sucre dans les bois, je demande aux pinsons de tisser pour moi une toile à base de coton. Une fois par mois, un poulpe géant remonte des abysses pour inclure, au cœur des fibres de coton des pigments changeants pouvant reproduire toutes les couleurs existantes.

Je ne redessine pas mes croquis sur la toile. Je colle les feuilles arrachées de mon carnet à dessin sur une fenêtre conçue spécialement pour moi par un maitre sucrier astronaute pour que, à chaque pleine lune le dessin au fusain se projette grandit sur une toile en en brûlant légèrement la surface. Plus le trait est fort, et plus la lumière lunaire mord la toile profondément. Tout se joue à quelques centièmes de millimètres et la toile n’est jamais brulée sur toute son épaisseur.

À cette étape, je pose des petits caches sur les noms latins des plantes pour éviter qu’ils n’apparaissent sur la toile. Si cela vous frustre de ne pas les connaitre, vous pouvez utiliser le formulaire de contact. J’y attend toutes vos questions, et bien sûr, les coordonnées de vos plus belles stations de fleurs !

Je laisse ensuite ensuite le travail préparatoire à des lapins myopes qui, quand ils ont trop couru, se frottent le dos sur la toile y laissant, leur fameux « sébum flou » qui poétise mes dessins scientifique. Il préservent la netteté sur le sujet (fleur, insecte ou autre) en enlevant leur sébum sur une zone très précise avec leur petite queue préalablement trempée dans une source d’eau chaude et, séchée tout près d’une pierre volcanique encore fumante. Ces deux opérations rendent leurs poils très doux et le petit pinceau au bout de leur queue très précis. Les meilleurs lapins arrivent à obtenir 48 épaisseurs de sébums différentes. C’est ce qui explique la douceur et le coté progressif de mes flous.

Pendant très longtemps, j’ai activé moi-même les couleurs de mes tableaux, en me baignant la nuit, dans une piscine aux dimensions homothétiques à celles de mes toiles et, en murmurant la couleur à appliquer à chaque brasse. Mais, comme j’avais du mal à coordonner mes jambes et mes bras, j’obtenais souvent trop de contraste et de saturation. Aujourd’hui, c’est un vers luisant qui vient lire les couleurs dans mes pensées en passant la tête dans mon oreille. Il les transmet ensuite, en morse lumineux à des lucioles des profondeurs pour qui j’ai fabriqué un aquarium dans mon fumoir. Elles activent les pigments du poulpe avec beaucoup de précision.

Les toiles rectangulaires, sont ensuite emmenées dans les airs, pendant 10 jours, par des buses variables qui les font sécher dans les courants d’air chauds en décrivant des vrilles. Parfois les toiles n’ont pas le temps de sécher qu’elles sont déjà achetées en altitude par des martinets.

Depuis Stara Zagora en Bulgarie, Bejamin DAVID-TESTANIÉRE, le 21 février 2014